La CAAR pour la couverture sociale et une nouvelle grille des salaires
Sonatrach met le paquet pour garder ses cadres
La Sonatrach a signé un accord avec la CAAR sur trois ans pour la mise en œuvre d’une couverture sociale en cas de décès. Ainsi, la firme nationale confirme sa volonté à lutter contre l’hémorragie des cadres en offrant de meilleures conditions socioprofessionnelles à son personnel. La société nationale des hydrocarbures, Sonatrach, a procédé, mardi 1er juillet, à la signature d’une convention avec la Compagnie Algérienne d’Assurance et de Réassurance, CAAR, pour une période de trois années. Cette convention porte sur la mise en œuvre d’une couverture sociale en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de l’assuré, travailleur de la société nationale. Cette couverture garantira au personnel permanent, adhérent et assuré, âgé de moins de 65 ans, et aux ayant-droits, le versement d’un «important» capital, quelles que soient les causes, en cas de décès, d’invalidité totale permanente ou d’incapacité totale permanente de la personne.
C’est ainsi que, suite à l’appel d’offres lancé par la firme nationale, la CAAR a décroché ce contrat de trois années en présentant la meilleure offre par rapport à ses trois concurrents qui étaient la Compagnie Algérienne des Assurances (CAAT), la Compagnie d'assurances des hydrocarbures (CASH) et la Société algérienne d'assurance (SAA). Le contrat a été attribué, séance tenante, à la CAAR lors de l’ouverture publique des offres commerciales le mercredi 25 Juin 2008, en présence des représentants des entreprises soumissionnaires et la date d’effet de la garantie a été fixée au 1er juillet 2008. Motif d’attribution: l'offre de la CAAR était le moins disant avec 9.214 dinars par travailleur et par an, contre une offre de 15.000 dinars par la SAA, la CASH 18.000 dinars et la CAAT 24.600 dinars.
Un acquis social
Il est prévu qu’au terme de ce contrat, 60% de la prime mensuelle seront pris en charge par la Sonatrach, 20% par les œuvres sociales et le reste, soit 20%, par les salariés eux-mêmes. Il s’agit donc d’un contrat «inédit», comme il a été qualifié par l'ensemble des partenaires associés au vu des garanties qu'il offre à l'ensemble des salariés de la Sonatrach. En effet, cette nouvelle action témoigne de l’intérêt que porte la Sonatrach à ses travailleurs et à leurs ayant-droits pour leur assurer la sécurité et la sérénité ainsi que les meilleures conditions de travail. Cette couverture constitue ainsi un prolongement de toutes les actions que mène Sonatrach en faveur de ses travailleurs. C’est d’ailleurs ce qu’ont souligné les intervenants dont le vice-président chargé du transport par canalisation, Hocine Chekired en l’occurrence, qui déclare que «cet accord exprime la détermination de l'entreprise à renforcer sa politique sociale et améliorer les conditions de vie et de travail de son personnel». Il évoquera le facteur «risque» en remarquant qu’il s’agit, aussi, d’une «volonté d’aider les travailleurs, à travers cet accord, à faire face à des situations imprévisibles». Cet accord sera allégrement accueilli par les travailleurs puisque, de son coté, la section syndicale de l'entreprise a exprimé sa satisfaction suite à sa conclusion. Le secrétaire général dira qu’il s’agit là d’un «un acquis indéniable» pour les travailleurs ainsi qu’à leurs familles. «Désormais, les ayant-droits vont percevoir des indemnités conséquentes lors d'un accident ou d'un décès», note-t-on essentiellement du coté des travailleurs.
D’autre part, il y a lieu de remarquer que l’introduction de l’assurance vie par la Sonatrach contribuera au développement du secteur des assurances avec l’injection d’une culture de couverture sociale basée sur des normes universelles et offrant des conditions de travail dignes des perspectives industrielles du pays, prenant en compte tous les facteurs «risque» et protégeant les employés, notamment dans le secteur industriel.
Quoi d’autres pour arrêter l’hémorragie?
Et c’est justement ce dont il a été question lors de l’intervention de Brahim Kassali, P-DG de la CAAR, qui soulignera à l’occasion que «l'accord signé avec Sonatrach va contribuer au développement de la branche de l'assurance de personnes en Algérie». Par ailleurs, l’on apprendra, en marge de cette cérémonie, que la nouvelle grille des salaires devrait prendre effet d'ici la fin de l'année 2008. Ce volet intervient dans le cadre de l’amélioration des conditions de travail du personnel et permettra, justement, de lutter contre la fuite des cadres. En effet, la protection du personnel ainsi qu'une meilleure rémunération visent essentiellement à arrêter l'hémorragie et lutter contre la fuite des cadres vers les compagnies étrangères qui attirent nos cadres à chaque occasion de travail en partenariat avec l’entreprise nationale.
Le vice-président de la branche finances, M. Rezaïguia, estime que ce plus social contribuera à améliorer les conditions de travail des salariés de la compagnie, en attendant la mise en application de la nouvelle grille des salaires qui est en élaboration. Ce qui est sûr, ce n’est pas la volonté qui fait défaut du côté de la Sonatrach comme l’a déclaré M. Rezaïguia: «Nous sommes prêts à tout pour améliorer la situation de notre personnel afin de réduire, un tant soit peu, l'hémorragie, concernant le départ de nos cadres vers des sociétés étrangères». «Il faut que les cadres de Sonatrach restent à Sonatrach», en précisant que l'opération de normalisation d'une grande partie des travailleurs de Sonatrach devrait se faire avant la fin de l'année en cours.
Rachida .T