Litige Sonatrach / Repsol et Gas Naturel
«Nous sommes de durs négociateurs», assure Khelil
Chakib Khelil a fait part des difficultés que rencontrent certains pays producteurs dans leurs relations d’affaires avec d’autres pays consommateurs, en critiquant leur manque de «transparence». «Plusieurs entreprises veulent garder des rôles dominants dans leurs marchés», a-t-il dit, ajoutant par ailleurs, que les politiciens ont eux aussi un rôle à jouer dans une «situation où l’offre et la demande ne sont pas un facteur indispensable pour fixer les prix du pétrole». Le ministre de l’Energie et des Mines a qualifié, par ailleurs de «bonnes et correctes» les relations commerciales entre l’Algérie et l’Espagne dans le domaine énergétique, en dépit du processus d’arbitrage international que connaissent la Sonatrach et les deux entreprises espagnoles, Repsol YPF et Gas Naturel. A ce propos, il a relevé que la Sonatrach est un négociateur qui «n’est pas facile», tout en se déclarant confiant que les entreprises espagnoles soient à la hauteur des accords signés».
Dans ce contexte, il a rappelé que l’Espagne avait bénéficié dans le temps de «bons prix et pas chers», mais lorsque le prix du gaz naturel augmente dans les marchés internationaux, il est nécessaire de payer la revalorisation des prix.  «Les choses ne sont pas gratuites, il faut les payer et nous sommes de durs négociateurs», a-t-il affirmé, tout en rappelant que «plusieurs entreprises espagnoles sont présentes en Algérie et nous souhaitons aussi que des entreprises algériennes soient les bienvenues aussi en Espagne». Il a déploré également les entraves que rencontre la Sonatrach en Espagne, dans le cadre du projet MEDGAZ, malgré le fait qu’elle soit un partenaire de l’Espagne depuis 30 ans. Il a expliqué que le contrat de gaz signé entre l’Algérie et l’Espagne en 1995, alors que le prix était à 15 dollars, très inférieur à l’actuel, et au moment de le réviser, les négociations qui avaient duré deux ans ont été infructueuses. «Ce litige est purement commercial et il appartient à l’arbitrage international de rendre son verdict», a-t-il conclu.
La crise et la spéculation
Egalement, le président en exercice de l’OPEP, a réitéré mardi à Madrid que la crise actuelle du pétrole est causée par les marchés financiers, soulignant que le rôle de l’OPEP est de «satisfaire la demande et non pas de fixer les prix qui le sont par le marché». M. Khelil qui s’exprimait lors d’une conférence de presse, en marge des travaux du 19ème Congrès mondial du pétrole, a expliqué dans ce sens que «près de 60% de l’augmentation du prix du pétrole durant cette dernière année est due à la spéculation des marchés, dans une large mesure à cause de l’érosion du dollar, 20% pour des raisons géopolitiques et le reste est lié à d’autres aspects comme le bioéthanol».
Pour lui, trois causes fondamentales ont contribué à l’augmentation du prix du brut durant ces derniers mois: la crise économique des Etats-Unis qui a conduit à une baisse des taux d’intérêts, la dévaluation du dollar, la situation géopolitique qui menace certaines régions productrices comme l’Iran et le développement que connaît le bioéthanol. «Nous devons faire quelque chose par rapport à la géopolitique et au dollar pour freiner l’envolée des prix du brut, car c’est des facteurs de risques qui sont intégrés dans la perception sur les prix», a-t-il dit. M. Khelil a souligné la nécessité de miser sur les nouveaux développements technologiques qui permettront à l’avenir d’augmenter l’offre, en soulignant les investissements prévus par l’OPEP pour accroître la capacité supplémentaire de production. Dans ce cadre, il a estimé que l’OPEP augmentera sa production annuelle autour d’un million de baril/jour dans les prochaines cinq années. «Nous avons de bonnes perspectives pour faire de nouvelles découvertes de pétrole et de gaz», a ajouté M. Khelil, en relevant que les pays de l’OPEP «sont ouverts aux investissements étrangers», en citant l’exemple de l’Algérie qui a reçu 45 milliards de dollars durant les cinq dernières années. «Les investissements et les découvertes de gaz et de pétrole sont en nette évolution en Algérie depuis ces dernières années», a-t-il a ajouté. A la question de connaître la situation du marché pétrolier au cas où l’Iran suspendrait sa production, M. Khelil a répondu que le marché connaîtrait un «problème», car, a-t-il expliqué «dans l’immédiat, personne ne pourra remplacer une production de 4 millions de barils/jour».
Mehdi. F
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